Le Jeunior du mois de Janvier

Antoine, un regard posé et lucide sur sa trajectoire.

Je m’appelle Antoine. Si je devais résumer mon parcours en quelques mots, je parlerais de passion et de renaissance. Mon histoire est celle d’un jeune homme qui a cru trouver sa voie très tôt, avant de réaliser qu’il avait encore tant à explorer.
Tout a commencé au collège. Élève moyen, je n’avais pas de projet précis, mais un conseiller d’orientation a su déceler en moi un intérêt pour les métiers manuels et créatifs : les animaux, l’horticulture, et surtout, la cuisine. 

Ma famille, pragmatique, m’a encouragé dans cette direction. « Tu trouveras toujours du travail », me disaient-ils. Cette sécurité de l’emploi les rassurait, et moi, ça me donnait une piste concrète. J’ai donc choisi l’hôtellerie- restauration, un domaine où je me sentais comme un poisson dans l’eau.

J’ai découvert un univers qui me correspondait parfaitement. J’étais fasciné par tout : le service, la cuisine, l’art de satisfaire les clients. J’ai appris les bases de la cuisine traditionnelle – le bœufs carotte, les paupiettes de veau – et j’ai rapidement voulu aller plus loin une fois mon Bac Pro en poche. Une année de spécialisation en cuisine allégée m’a ouvert de nouveaux horizons. 

Revisiter des plats, explorer des saveurs légères tout en gardant le côté gourmand, c’était un défi qui me stimulait. Certaines de mes recettes ont même été retenues pour être servies à bord des grandes lignes SNCF. Ce fut une immense fierté.

Pendant dix ans, j’ai évolué dans ce milieu exigeant. D’abord dans le traiteur haut de gamme. Le rythme était soutenu, les horaires variables, et la polyvalence indispensable.
Ensuite en cuisine collective, où il fallait concilier qualité, sécurité et contraintes sanitaires. J’aimais le contact avec les clients, la satisfaction de voir un plat apprécié, et même les défis logistiques. Pourtant, avec le temps, une question a commencé à me trotter dans la tête : et moi, dans tout ça ? Toujours au service des autres, j’avais l’impression de ne plus prendre
soin de moi-même.

Un jour, suite aux aléas de la vie, une pause s’est imposée à moi. Une pause professionnelle, mais aussi une pause pour réfléchir. Mon employeur m’a proposé un accompagnement, et j’ai saisi cette opportunité. Pendant trois mois, un consultant m’a aidé à définir un projet réaliste, en phase avec mes valeurs et mes compétences. Trois pistes ont émergé : devenir commercial, me spécialiser dans la gestion de cuisine collective, ou me lancer comme auto-entrepreneur en restauration. J’ai choisi de me former au métier de commercial. 

Ce choix n’était pas anodin : j’avais souvent été en contact avec des commerciaux qui venaient me proposer des produits, et leur métier m’intriguait. J’aimais leur façon de convaincre, leur relation client, et l’idée de pouvoir, un jour, ouvrir quelque chose
qui me ressemblerait.

En 2024, sur les conseils d’une amie, j’ai rejoint les Jeuniors. Ce collectif a été une révélation. J’y ai rencontré des personnes qui, comme moi, avaient osé changer de vie. Leurs parcours, leurs témoignages, m’ont montré que plusieurs vies étaient
possibles dans une seule existence. Les rencontres café, les échanges. C’était un rendez- vous mensuel avec moi-même, un moment pour me reconstruire, à la fois professionnellement et personnellement. 

Les Jeuniors, c’est bien plus qu’un réseau : c’est une ouverture d’esprit, un accès à l’emploi, et surtout, une preuve que la bienveillance et l’écoute existent. Ce qui m’a marqué, c’est la convivialité de ces moments. Un café, un croissant, des
expériences partagées, des contenus inspirants… C’était mon petit rendez-vous mensuel avec moi-même et avec les autres. Accessible financièrement, ces rencontres m’ont redonné de l’élan. J’avais des questions, on m’a apporté des réponses. J’ai senti l’espoir revenir, et avec lui, l’envie de me projeter vers une nouvelle qualité de vie.

Aujourd’hui j’ai retrouvé de l’élan, des rencontres inspirantes, et surtout, la conviction que tout est possible. Parce que les Jeuniors, c’est devenu bien plus qu’une étape. C’est un lieu où l’on se sent écouté, compris, et où l’on ose croire en l’avenir.
Je me demande même : quand j’aurai retrouvé un travail, comment continuer à faire partie de cette aventure ?

C’est tout le mal qu’on te souhaite Antoine !

Vous souhaitez en savoir plus ou rejoindre l’association ? Contactez-nous via notre site : www.jeuniorsdalsace.org/contact

Portrait réalisé par Séverine FLUCK, coach et membre du CA des Jeuniors

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